Catégorie : Au fil de l'actualité...

Nous tenons à faire suivre cette information, parue ce matin dans le journal local, La Dépêche du Midi 

http://www.ladepeche.fr/article/2013/02/18/1563584-commerces-c-est-le-desert-dans-les-quartiers-populaires.html

La ville de Toulouse constate que certains quartiers de Toulouse manquent cruellement de commerces de proximité.

Des métiers de bouche qui disparaissent...

Nous constatons, comme dans d'autres agglomérations, la disparition de certains commerces spécialisés, comme les boucheries et les poissonneries.   Victimes du veillissement des propriétaires, les commerces ne trouvent souvent pas de repreneurs. Ces metiers ne sont plus attractifs et pourtant ! Le paradoxe de cette situation est que le boucher est devenu une véritable star pour les consommateurs. En effet, dans une récente étude faite sur les comportements de consommation alimentaires des toulousains, nous avons pu mettre en évidence que, parmi les commerçants de proximité, le boucher est presque érigé au statut de star. Comme il se fait rare, on se considère privilégié d’en connaître un… Il garantit une qualité de viande, le lien avec le producteur, la relation avec le client, un savoir-faire. Certains déclarent préférer manger moins de viande, mais manger de la viande de qualité. Les scandales alimentaires, tel que celui que nous connaissons actuellement sur le "cheval devenu boeuf", consolide cette tendance. La demande existe donc, mais la filière ne produit pas assez de bouchers. Le métier n'est pas attractif. Certains éleveurs choisissent parfois de se regrouper pour créer eux-même ce maillon manquant, mais ils peinent à trouver des bouchers (c'est un métier !), une denrée devenue rare faute de candidats !

Toulouse, une des villes de France les mieux dotées en commerces de proximité...

Maintenant ce n'est pas le seul problème. Une récente étude faite par le cabinet Parabellum et Bossman Consutants sur la densité commerciale de la distribution alimentaire de proximité dans les 38 plus grandes villes françaises, montre que Toulouse se situe en tête derrière Paris et devant Monaco, avec une densité de 50,4m² pour 1000 habitants. En comparaison, Marseille se situe à 27m² pour 1000 habitant et Paris à 69,7m² pour 1000 habitants. La question que nous devons nous poser est donc : pourquoi certains quartiers de Toulouse sont surdotés de magasins de proximité, alors que d'autres sont désertés ? 

Proximité ou drive ? Les deux mon capitaine !

L'argument qui consiste à dire : "c'est la faute aux Grandes Surfaces et à ces nouvelles formes de consommation comme le Drive" ne tient pas. En effet, on constate ces dernières années, un net recul de la fréquentation des grandes surfaces au profit des commerces de proximité et des drive. En effet, étonnemment, le couple "drive + commerce de proximité" est fortement compatible ! Les jeunes urbains notamment choisissent de faire leurs courses dites d'épicerie (conserves, céréales, produits ménagers, etc.) sur le site internet de leur enseigne de grande distribution et de retirer leurs paniers au drive. Ils vont ensuite privilégier les commerces de proximité et les marchés de plein vent pour les produits frais ou dits sensibles comme la viande, le pain, les fruits et légumes. Donc le drive ne prend pas de la clientèle aux petits commerces bien au contraire ! 

Les grandes enseignes occupent la place !

Les études montrent que le commerce de proximité a de l'avenir. Les groupes de la grande distribution l'ont bien compris. Il suffit d'observer le déploiement des enseignes sur l'agglomération toulousaine : 

- le groupe Casino, leader historique du commerce de proximité en France, couvre les enseignes Casino Shop, Casino shopping, Chez Jean, Petit Casino, Spar, Vival et représente pas moins de 73 commerces de proximité sur l'agglomération de Toulouse. 

- le groupe Carrefour, qui a rapidement compris que le déploiement de sa marque sur le commerce de proximité était vital, a développé des marques spécifiques depuis 2009 : Carrefour City, Carrefour Express. Mais n'oublions pas que le groupe Carrefour posséde également les marques : 8 à Huit, Marché plus et Proxi. Soit plus de 30 magasins de proximité sur l'agglomération toulousaine. 

- le groupe Monoprix tente de développer son enseigne de proximité Monop'. Il en a implanté deux sur Toulouse auxquels s'ajoutent un Monoprix et deux supermarchés de centre ville sous la marque bien connue de Galerie Lafayette ! 

Pour conclure... 

Il ne s'agit pas de croire que Toulouse est suffisamment doté en magasins de proximité. Mais plutôt de s'interroger sur les alternatives qui nous sont offertes de pouvoir fréquenter des supérettes n'appartenant pas à un grand groupe de distribution et de comprendre pourquoi certaines enseignes fuient certains quartiers de Toulouse... Nous approuvons l'intiative qui consiste à accompagner des habitants de la ville à développer leur propre commerce de proximité. Nous espérons simplement voir fleurir de belles initiatives qui seront promouvoir l'agriculture régionale et sauront bâtir un lien fort et constructif entre l'urbain et le rural. Certains ont osé sauter le pas comme Muriel Porry, qui a créé le concept de Ferme Attitude. Mais pour porter de telles initiatives encore faut-il avoir accès au foncier. Mais c'est une autre histoire... 

MG

Si vous souhaitez vous procurer l'étude "comportement d'achats alimentaires des consommateurs toulousains", merci de vous adresser au pôle de compétitivité AgriMip Sud-Ouest Innovation. 

http://www.agrimipinnovation.com

r_sum__de_l__tude (résumé de l'étude)

Parabellum et Bossman Consultants 

Parabellum_proximite