Difficile de faire de la veille sur l'innovation alimentaire sans parler de la nouvelle conquête d'Amazon. Le géant américain réussira-t-il le pari de la livraison de produits alimentaires à domicile ? 

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Trois sites sont déjà ouverts : Los Angeles (2013), San Franscico (2013) et Seatle (2007) (https://fresh.amazon.com/). Le prototype développé sur la ville de Seattle en 2007 a du faire ses preuves pour que le leader mondial du e-commerce récidive et crée deux nouveaux sites en 2013. L'enseigne annonce plus de 20 autres points de vente dans le monde en 2014. Le concept est donc validé ! 

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En France, le marché du e-commerce alimentaire a eu beaucoup de mal à décoller. Depuis deux ou trois ans, il semble que le taux d'achat de produits alimentaires en ligne soit en progression régulière. D'après le baromètre Fevard-Médiamétrie, 21 % des achats faits sur internet sont des produits alimentaires en 2013, contre 16 % l'an passé. Cette augmentation est notamment due au succès des drives. La question est : existe-t-il une place pour le concept fresh amazon en France ? Les français, réticents à la livraison à domicile jusqu'à présent - considérée comme trop contraignante -, vont-ils se laisser séduire par ce nouveau concept ? 

Contrairement à ce que peut indiquer son nom, fresh amazon n'est pas spécialisé dans la vente de produits frais. A en croire l'analyse fine de l'offre faite par Olivier Dauvers (web Grande Conso), freshamazon ne propose que 17 % de produits frais et surgelés. Il s'agit donc d'une offre proche de celles faites par les grandes enseignes françaises de la GMS sur leurs sites de drive. L'offre compte environ 16 000 références, ce qui représente, pour l'instant, en moyenne 40 % de plus que les offres drive en France  (en comparaison un hypermarché peut proposer entre 30 et 100 000 références de produits alimentaires et non alimentaires). 

Nous retiendrons toutefois quelques bonnes idées à creuser : 

1- L'intégration de produits venants de magasins spécialisés. Imaginez, par exemple, si freshamazon existait sur Toulouse. Vous pourriez avoir une offre de fromages affinés de chez Betty ou Xavier. Le temps de retrait est certes plus long (si vous faites la commande le matin, vous ne serez livrés que le lendemain), toutefois l'idée d'associer des commerçants et des artisans, nous semble une excellente idée ! Pour deux raisons : 

  • Ils sont souvent plus proches des productions locales et peuvent ainsi dynamiser, par ce nouveau circuit, la distribution de produits de proximité, de qualité, 
  • Cela permet d'associer les petits commerces spécialisés, plutôt que de les asphyxier. Imaginer une collaboration entre la GMS et les petits commerces serait une révolution culturelle en France !  Un bon point pour la RSE (responsabilité sociale de l'entreprise) des enseignes de grande distribution ! 

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2- On apprécie également le système de sélection des produits sur le site. Exemple : si vous tapez "artichaut", le site sélectionne toutes les gammes de produits (frais, appertisés, surgelés, etc.) Pour info, vous pouvez également faire un pré-tri selon vos préférences alimentaires (ex : végétarien/végétalien) 

3- Très bonne gestion de la chaîne du froid, avec des sacs isothermes de haute qualité (notamment des pains de neige carbonique pour les produits surgelés). 

Par contre, on n’apprécie pas la suggestion « pourboire » faite par le site pour le livreur. Un abonnement de 250€ (299$) sur 52 semaines, avec en moyenne une livraison par semaine, cela fait moins de 5€ par livraison. Rappelons toutefois que la commande doit faire minimum 27€ (35$). Soit un coup de livraison tout à fait compétitif par rapport aux sites français qui proposent en moyenne 10€ par livraison pour un minimum de 50€ de produits commandés. Toutefois, si on ajoute le pourboire au livreur, on se retrouve dans la même fourchette de coup. Quel intérêt ? De plus, au-delà du fait qu'il faille avoir en permanence de la monnaie sur soi, ce qui est rarement mon cas... nous ne croyons pas à l’instauration d’une pratique de pourboire main à la main en France, alors que cette pratique tant à disparaître. 

Pour plus d'informations, nous vous suggérons la lecture du dossier fait par Olivier Dauvers, très instructif ! 

M.G.