La gastronomie, c’est non seulement ce que l’on mange, mais tout ce que l’on imagine autour de l’aliment, de ses codes et de ses rituels, des contraintes qu’il impose et des plaisirs qu’il permet. Or depuis toujours, le récit a été l’une des formes privilégiées à travers lesquelles la gastronomie a été pensée.

Les textes religieux fondateurs sont nombreux à raconter le repas ou l’aliment – l’importance de la Dernière Cène dans la Bible, les codifications du jeûne dans le Mahabharata, les prescriptions alimentaires dans le Talmud et le Coran en témoignent bien, opérant à partir d’anecdotes et assignant des positions conflictuelles et dynamiques à des personnages.

Mais pensons aussi aux déclinaisons plus modernes de ces récits, à ces nombreux repas qui scandent l’histoire de la littérature de Rabelais à Joyce, de Kafka à Murakami, de Vázquez Montalbán a Kim Thúy, voire à la soupe au pistou qui devient chez Greimas une structure narrative exemplaire. C’est de cela dont il sera question à l’avenir dans ce blog. En ce qui me concerne, plus ou moins régulièrement ou irrégulièrement, ce sera selon… . 

Les productions culturelles interrogent, par le truchement de la fiction, divers enjeux relatifs à la nourriture, parfois envisagée sous l’angle de l’abondance ou du manque, de sa capacité à rassembler ou à exclure, des rapports de pouvoir qu’elle cristallise, des exigences éthiques qu’elle convoque, des affects qu’elle suscite ou des dérèglements physiques dont elle devient l’objet.

 Je m’intéresserai à travers l’aliment aux récits et aux péripéties, aux personnages animés d’idéologies et de valeur. En quoi après avoir emporté la conviction du lecteur, nous décidons d’appliquer la recette, de cuisine bien sûr. Au fond, le récit gastronomique nous engage.

Mais nous nous intéresserons aussi à d’autres formes de support. En effet, les récits de l’alimentation se déploient dans la littérature, mais aussi dans les livres de recettes, la bande dessinée, les jeux vidéo, le cinéma et la télévision, tenez les séries Gilmore Girls ou Desperate Housewives, les sites ouèbes et les blogues, les arts visuels et la performance. Nous ne manquerons pas d’ouvrages, ni de tables à garnir.

Et pour faire intello, nous pourrons écrire que non seulement ces récits reflètent et nourrissent l’imaginaire social, mais dans certains cas, leur forme esthétique les conduit à proposer des variations, à interroger les codes existants, à jouer avec les normes et les idées reçues, bref à modifier l’idée même que nous nous faisons du fait alimentaire. Je me rappelle plus à qui j’ai volé cette phrase mais ça sonne bien.

Ainsi, il s’agira d’examiner comment l’aliment ou le repas sont racontés. C’est dire si TESA est intellectuel et relatif. J’appellerai tout ceci, des réflexions, des notules, des riens ou des n’importe quoi.

 

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Je signerai Bouvard & Pécuchet, j’aime bien les couples célèbres : Roux & Combaluzier, les Frères Goncourt, Laurel & Hardy, nous pourrions en trouver d’autres… . Bon c’est pas tout ça, faut que je vous laisse. Je dois me mettre à table (cela m'interroge !)

On voit par là combien je suis spirituel.

 A bientôt ! La prochaine fois, on causera de livres, sujets et auteurs, cuisine et autres fariboles.

 

Votre,

B&P