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C’est quand même bien le cinéma. Se retrouver seul dans la pénombre pour regarder des images. Parfois on comprend ; parfois non. On est sensé y voir la vie. Y’a des messieurs bien, des dames bien jolies, des méchants, des gentils, des noirs, des blancs, des cow-boys, des soldats, des types qui sont très forts, des filles qui pleurent, des qui sont dans des bras mais que parfois ce n’est pas les bons bras… Alors les filles partent en courant ou griffent ou tapent du pied. Des trucs qu’on ne comprend pas toujours. Où l’on se dit : Tiens ça ressemble à ce qui se passe chez les voisins. D’autrefois, ça n’a ni queue ni tête. Et pourtant je me sens bien au cinéma. Des gens rient, des gens pleurent, surtout les filles !

Tout d’un coup le mot Fin ou End apparaît.

Je me retrouve dehors. Ce soir-là, il pleut ou il fait froid. Je rentre chez moi. Des gens parlent : « T’as vu comment elle était habillée l’actrice principale, tu crois que ça m’irait bien ? J’ai vu la même robe chez Kenzo». « Moi, je me suis identifié au type qui les a tous déglingués. C’était un film noir qu’ils disent. Chapeau le mec ! C’était un privé. Il s’appelait Marlowe. Il a tout mis à l’endroit. Le coupable a été démasqué. J’n’ai pas tout compris mais c’était fort, très fort. Et puis avec les femmes, la classe ! Avec les brunes comme avec les blondes. Il manquait une rousse… Mais, bon. Du coup je vais essayer avec ma nouvelle voisine. Elle est châtain clair. Je verrai ça demain… »

Mais je m’égare. Voilà où ça mène le cinéma. J’y vais souvent, mais je me sens décalé. Je me demande si la vie, c’est pareil. Heureusement les critiques sont là. À la télé ou à la radio. C’est curieux, quand je vais voir les films qu’ils conseillent, je suis déçu et ils ne parlent jamais des films que j’aime.

Mais je m’égare dis-je, sur ce blog on évoque les films et la cuisine. Et là, j’arrive à suivre.

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Tiens, j’ai revu l’autre jour : « Le Cuisinier, le Voleur, sa Femme et son Amant »  de Peter Greenaway.

L’histoire est banale : lbert et ses hommes, de sinistres malfrats, sont les habitués du «Hollandais», un restaurant huppé tenu par Richard, un cuisinier français. Un soir, Georgina, l'épouse de l'odieux gangster, remarque un client solitaire et taciturne qui mange, le nez plongé dans ses livres. Fascinée, elle ne tarde pas à se donner à lui. L'homme est en réalité un libraire. Bénéficiant de la complicité du cuisinier, les deux amants trouvent régulièrement refuge dans les toilettes, les réserves ou encore la cuisine du restaurant. Lorsqu’Albert découvre enfin l'infidélité de Georgina, il entre dans une rage folle. Sa réaction est d'une rare violence...

Il s’agit d’une bouffonnerie tragique. Richard, chef cuisinier français, observe ses clients. Le voleur, Albert, vient tous les jours avec sa femme, Georgina. Peter Greenaway met toutes ses obsessions dans ce film insolite. Dix jours, dix repas, dix menus, le cuisinier complice de la femme et de son amant, le voleur acharné à se venger et un déferlement de cynisme, de sadisme, de mort. Comme toujours chez Greenaway, ce film est un labyrinthe. L'ambiance est aussi à l'opéra. Toujours obsédé par les fonctions physiques du corps humain, le réalisateur ne recule pas devant l'obscénité dans cette fable sur l'égoïsme.

Je me suis bien amusé. Mais on n’est pas obligé de partager mes bizarreries de tête comme dit le Marquis de Sade. Mais rappelez-vous : quand on aime la vie, on va au cinéma !

À la prochaine !

B&P