Nous débuterons par la recette afin de ne pas trop faire attendre nos lecteurs gastronomes.

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« Doux Jésus, les arancini d’Adelina ! Il ne les avait goûtés qu’une fois : un souvenir qui lui était certainement passé dans l’ADN, dans le patrimoine génétique.

Adelina y mettait bien deux bonnes journées, à les préparer. Il en connaissait par cœur la recette. La veille, on fait un aggrassato, mélange de veau et de porc en gelée et en parties égales, qui doit cuire à feu très bas pendant des heures avec l’oignon, tomates, céleri, persil et basilic. Le lendemain, on prépare un risotto, de ceux qu’on appelle « à la milanaise » (sans safran, par pitié ! on le verse sur une planche, on le mélange à l’œuf et on le fait refroidir. Pendant ce temps, on cuit les petits pois, on fait une béchamel, on réduit en petits morceaux quelques tranches de salami et on fait toute une préparation avec la viande en gelée, hachée avec le hachoir demi-lune (pas de mixeur pour l’amour de Dieu !). La sauce de la viande se mélange au riz. A ce point, on prend un peu de risotto, on l’arrange dans la paume d’une main tenue en forme de conque, on y met dedans l’équivalent d’une cuillère de la préparation, et on le recouvre de ce qu’il faut de riz pour former une belle boulette. Chaque boulette est roulée dans la farine, puis on la passe dans le blanc d’œuf et la chapelure. Ensuite toutes les arancini sont glissées dans une cuvette d’huile bouillante et on les fait frire jusqu’à ce qu’elles prennent une couleur vieil or. On les laisse s’égoutter sur le papier. Et à la fin, ringraziannu u Signuruzzu, Grâce soit rendue au petit Seigneur, on les mange ! » La recette  (blog Cuisine & Couleurs)

 

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Né à Porto Empédocle (province d’Agrigente, en Sicile) le 6 septembre 1925, Andrea Camilleri vit depuis des années à Rome. Andrea Camilleri, sicilien de son état, est l’auteur de nouvelles et poèmes et s'est mis sur le tard à écrire des romans policiers qui ont eu d'emblée un succès énorme en Italie puis en France. En 1982, à cinquante-sept ans, encouragé par son ami Léonardo Sciascia, il publie son premier roman, bientôt suivi de nombreux autres. C'est sa deuxième carrière. Il écrit des romans policiers, avec le commissaire Montalbano comme héros et dont les enquêtes se déroulent dans la ville imaginaire de Vigàta, en Sicile. Le commissaire Montalbano tirerait son nom de l'admiration que porte Camilleri à Manuel Vazquez Montalban et son héros barcelonais, Pepe Carvalho, un autre enquêteur gastronome.

Ce succès est dû également au talent du traducteur Serge Quadruppani qui a su rendre la saveur particulière du dialecte sicilien et le charme amusant de la syntaxe.

Une historiette résume bien le personnage qu’est Andrea Camilleri : il remporte, en 1949, à Florence, un prix prestigieux pour une pièce de théâtre, Giudizzi a mezzanotte (Jugements à minuit). Durant son voyage de retour en Sicile, il relit sa pièce et s'en trouve si peu satisfait qu'il la jette par la fenêtre du train. C'était le seul exemplaire !


Dans ces romans, l'intrigue policière est importante, mais elle sert de prétexte pour camper des personnages. Les protagonistes de ses histoires sont effectivement souvent pleins d’humour mais aussi très mélancoliques, voire décalés.

Camilleri fait également découvrir au lecteur les spécialités savoureuses de la cuisine sicilienne au hasard des repas du commissaire Montalbano ; que ce soit chez lui, où ils sont préparés par la fidèle Adelina, ou au restaurant, que Montalbano fréquente assidûment. Les repas sont absorbés dans un silence quasi religieux, extrêmement concentré sur la dégustation des plats. Et la critique ne saurait manquer et ne se fait pas attendre.

Ce commissaire sarcastique est un personnage complexe. La lecture de ses aventures vous le prouvera mieux que je ne l’écris.

Bref, lisez les livres d’Andrea Camilleri, ils sont édités en poche, et vous m’en direz des nouvelles. Ensuite, répétez chez vous les recettes ! Excellente lecture et bon appétit !

B&P