4712234_3_1832_2015-08-04-9ca4703-1663-1ubu87_007fbb947649ae7bafec31d78dc83f06

Pourquoi ne pas profiter des fêtes pour lire ou relire Vazquez Montalban. Né en 1939 à Barcelone, décédé à Bangkok en 2003, c’est en prison, sous Franco, que Manuel Vazquez Montalban commence à écrire. "La gastronomie et les femmes m'ont sauvé du désespoir franquiste", fait dire le romancier à un de ses héros dans "La solitude du manager." (Bourgois, 10/18)

Les aventures de Pepe Carvalho, " privé mélancolique et nihiliste actif ", sont la partie la plus visible du travail de cet écrivain prolifique. Personnage inclassable, Manuel Vazquez Montalban se définissait lui-même comme un " journaliste, romancier, poète, essayiste, anthologiste, préfacier, humoriste, critique et gastronome", ou plus simplement comme "un communiste hédoniste et sentimental ". 

Mais c'est en 1972 que Montalban crée le célèbre personnage du détective Pepe Carvalho.  Une des séries de roman noir les plus prolifiques de la littérature ibérique. Le personnage principal en est Pepe Carvalho, un détective privé catalan et fin gastronome. Lors de sa première enquête, J'ai tué Kennedy, il est assisté, professionnellement et culinairement, par Biscuter, rencontré dans les prisons de Lérida. Ces romans furent un moyen pour l'auteur de donner une chronique sociopolitique, historique et culturelle des années de l'Espagne de l'après-franquisme.

Des mots… à la bouche "Les recettes de Carvalho" nous invite à une promenade gourmande littéraire. Son héros, enquêteur désinvolte, aime Barcelone, la littérature, les femmes, mais aussi l’omelette à l’escabèche ou le riz aux palourdes bien assaisonné et bien d'autres choses que le lecteur gourmet découvrira. Ce recueil révèle les recettes de Pepe Carvalho, amateur de gastronomie catalane. La cuisine est un art qu’il pratique passionnément, comme la recherche de la vérité. 

 Les lecteurs de la série Carvalho s’interrogent sur les raisons de l’attachement parfois démesuré que montre ce héros pour la cuisine. Montalban répond que nul écrivain ne saurait être tenu pour tout à fait responsable de la conduite de ses personnages ! Selon lui, la cuisine est une métaphore de la culture : "Manger, c’est tuer et ingurgiter un être qui a été vivant (…). Si nous dévorions l’animal mort ou la laitue arrachée tels quels, d’aucuns diraient que nous sommes sauvages. Mais si nous faisons mariner la bête en vue de l’accommoder plus tard avec des herbes de Provence et un verre de vin vieux, alors nous avons mis en œuvre une délicate opération culturelle ! " Au fond c'est simple. 

 Un exemple à cuisiner chez soi :  ‹‹ Se mettre à cuisiner un salmis de canard à une heure du matin est une des plus jolies folies que peut commettre un être humain qui n'est pas fou. On fait griller le jeune canard au four, il élimine sa graisse comme lors d'une cure d'amaigrissement et de bronzage. Pendant ce temps, dans une casserole Carvalho faisait fondre quelques dés de lard, il y plongeait l'oignon et les champignons, et ajoutait ensuite le vin blanc, le sel, le poivre et un petit morceau de truffe. [...] 

Le canard était grillé. Carvalho sépara les cuisses, les filets, les ailes, il coupa en menus morceaux les chairs restantes et les viscères délicats. Il ajouta ce hachis au jus qu'avait donné le canard, ainsi qu'une poignée d'olives dénoyautées. après avoir lié le hachis il le mélangea aux dés de lard, aux champignons et au morceau de truffe en y adjoignant une cuillerée de chapelure.

Il laissa cuire ce mélange quelques minutes et le versa sur le canard disposé dans un récipient. L'animal dépecé s'imprégna d'arôme grâce à la sauce et il retint sur sa peau grillée toute une géographie de champignons, lards, olives, mie de pain et hachis. Il le remit cinq minutes sur le feu et le fit gratiner au four cinq autres minutes. ››

103f42b35b114c65cd0d926a6f5cab05-300x300

La suite est à déguster. Et à lire.

Et n'oubliez pas d'aller fêter le Nouvel An à Barcelone

ou bien essayez les recettes de Carvalho chez vous.

Bonnes fêtes ! et à l'An qui vient !

B&P

On peut lire dans des collections de poches : 

Assassinat à Prado del Rey et autres histoires sordides 

Au souvenir de Dardé 

Avant que le millénaire nous sépare

Histoires de famille 

Histoires de fantômes 

Histoires de politique fiction 

Hors-jeu 

J'ai tué Kennedy, ou les mémoires d'un garde du corps 

La rose d'Alexandrie 

Le labyrinthe grec 

Le petit frère 

Le prix 

Le Quintet de Buenos Aires 

Les recettes de Pepe Carvalho 

Les thermes 

L'Homme de ma vie 

Manifeste subnormal 

Questions marxistes 

Roldan ni mort, ni vif 

Sabotage olympique 

Tatouage 

Trois histoires d'amour